Réseaux sociaux : sauveurs ou destructeurs environnementaux ?

Nous vivons à une époque où les réseaux sociaux occupent plus de 70 % de notre temps libre quotidien. Chaque jour des millions et des millions de personnes naviguent sur différentes plateformes sociales à la recherche de divertissements, de nouvelles, de photos, de tendances, de curiosités, etc. La plupart d’entre nous sommes persuadés de ne pas être dépendant de ces réseaux et que du jour au lendemain, il serait facile pour nous d’arrêter. Mais est-ce vraiment le cas ?

Ces plateformes que nous aimons tant nous permettent de rester en contact avec le monde entier et de diffuser du contenu journalier envers nos proches, mais aussi envers des inconnus. Inconnus qui nous apportent ce qu’on appelle des « likes » et qui nous rendent populaire sur la toile. Au fur et à mesure des années ces dits « likes » sont devenus une drogue pour un certain type de génération. Une génération jeune et active toujours en recherche de popularité et d’ego. Poussant parfois cette recherche de popularité au-delà des limites sociales que nous connaissons.

Aujourd’hui, je m’interroge sur cette frénésie des réseaux sociaux et de l’impact encouru sur notre environnement. Moi-même blogueuse voyage depuis 6 ans, j’ai dernièrement reçu une claque en voyage qui m’a amené à remettre en doute mon influence sur mes différentes plateformes. Une remise en question que je souhaite partager avec vous et qui je l’espère suscitera une réflexion auprès de ma propre génération.

Les réseaux sociaux : destructeurs environnementaux ?

J’ai toujours été très concernée par le changement climatique et l’état d’urgence dans lequel nous nous situons. Je fais ma part au quotidien en étant végétarienne et en pratiquant le zéro déchets. En voyage, je tente toujours de voyager le plus équitablement et de manière responsable. À travers mes articles, mes photos, mes rencontres, j’essaye de partager mes valeurs et mon amour envers nos cultures, nos animaux et notre planète. Je ne suis pas le genre de fille qui s’en va monter une montagne pour juste prendre une photo posée et redescendre sans avoir profité de ce qu’il y avait en haut. Jusqu’à présent, je pensais être une bonne blogueuse et partager sans faire de mal mes aventures à travers le monde. J’étais persuadée que mes photos inspiraient pour leur contenu et le message véhiculé. Mais était-ce vraiment le cas ?

L’été passé, je suis partie faire un voyage de 3 mois à bord de mon van pour traverser le Canada et les Etats-Unis. Ce voyage avait pour but de tester le plus d’activités plein air possible mais aussi de sensibiliser mes abonnés au voyage responsable et sur l’impact du changement climatique à travers les différents paysages traversés. Je pensais honnêtement vivre le voyage le plus extraordinaire de ma vie et vivre des expériences inoubliables. J’ai effectivement vécu un magnifique voyage et chaque aventure était incroyable, mais chacune de ces expériences n’enlèveront jamais les images brises cœurs des paysages que j’ai rencontré.

Au fur et à mesure que nous avancions à travers le Canada, je me confrontais à des problèmes de pollutions massives de déchets. Chaque provinces Canadiennes et états Américains ont leurs propres règlements en terme de recyclage. Tout ne se recycle pas et parfois c’est toute une aventure qu’il faut entreprendre pour recycler juste un bout de papier. Mais ce qui néanmoins m’a le plus choqué fut les différentes randonnées effectuées à travers ces deux pays ainsi que la masse touristique croisée en chemin qui détruisait tout sur son passage…

Pour chaque randonnée que j’ai faite, j’ai pu croisé un nombre incalculable de déchets. Des déchets clairement laissés par l’Homme sur son passage et qui a un impact dangereux pour la faune et flore.

Pour chaque emplacement où nous avons campé en pleine nature, ce sont des champs et des champs de papier toilette usagé que nous trouvions au détour d’un arbre, délaissé une fois encore par l’Homme.

Et pour chaque lac et montagne que nous visitions, c’était des centaines voir des milliers de personnes qui s’amassaient pour piétiner et polluer la nature environnante et ce pour une unique et même raison générale : la parfaite photo « Instagramable ».

Lac Moraine, l’un des lacs les plus visités en Alberta mais aussi le plus pollué sur ses alentours.

En voyant ce soudain engouement pour la nature et ses paysages, je me suis demandée si ces mêmes personnes qui avaient fait tout ce voyage pour ce retrouver devant ces lacs et en haut de ces montagnes me ressemblaient. Pour moi, j’étais sûr que des personnes se retrouvaient ici pour l’amour de l’environnement et des paysages incroyables que notre planète nous donne. Au fur et à mesure, que j’effectuais mon voyage et mes randonnées, je me suis mise à observer ces personnes, leur apparence, leur discussion, leur attitude. En rien, je ne m’y retrouvais. J’ai cherché de comprendre pourquoi cette randonnée si banale mais si belle était devenue si populaire. En questionnant les gardes forestiers ou les locaux, tous me sont revenus avec la même réponse : Instagram.

Il aura suffit d’UNE photo publiée par UNE personne pour rendre populaire un endroit et  ainsi dévaster un environnement si magnifique autrefois.

Je ne compte plus le nombre de filles en petites chaussures Nike rencontré sur des randonnées dites difficiles maquillées et habillées comme si elles s’en allaient faire un défilé de mode en haut de la montagne. Ces même filles arrivées en sueur qui refaisaient leur maquillage une fois en haut afin de prendre UNE photo et redescendre sans même avoir pris le temps d’apprécier la vue. Je ne compte plus le nombre de personnes qui approchaient à moins de 5 mètres des animaux sauvages pour les nourrir et prendre une autre photo. Et surtout, je ne compte plus le nombre de personnes laissant tomber leurs déchets sans les ramasser.

À force d’être confrontée à cette popularité causée par des photos postées sur les réseaux sociaux, j’en suis venue à me remettre en question sur mes propres publications. Ai-je participé d’une quelconque façon à ce désastre environnemental? Suis-je responsable de ces actes? En tant que blogueuse, je suis toujours persuadée que mes textes sont lus et que mes photos sont appréciées pour leur aspect artistique. Mais en est-ce vraiment le cas? Cette réflexion fut d’autant plus appuyée par la publication d’un article sur le même sujet de Radio-Canada et Beside Magazine qui faisait référence à l’un des endroits qui m’avait le plus choqué en terme de masse touristique et pollution. (article : dénaturer la #nature sur Instagram)

Les réseaux sociaux : sauveurs environnementaux ?

Bien que ma réflexion m’amène à douter de mon influence à travers mes photos, les réseaux sociaux ont néanmoins démontré au cours des dernières années être également un bon moyen de rassembler la planète pour lutter contre le réchauffement climatique.

Comme nous l’avons vu dernièrement avec l’Australie, la toile s’est mobilisée et des fonds ont été ramassés par le monde entier pour venir en aide à ce pays qui subit un désastre naturel. Ces plateformes deviennent alors les véhicules d’information importantes et rassemblent ainsi des millions de personnes autour du monde pour soutenir la cause et venir en aide à un pays en détresse.

À travers Facebook et Instagram nous retrouvons de messages fort et choquant pour sensibiliser et mobiliser la population. Des groupes et des évènements sont créés pour lutter contre le changement climatique. Et des personnes influentes deviennent alors importantes dans ces différents mouvements en partageant auprès de leur communauté des photos qui nous amènent à agir.

Les réseaux sociaux ne sont alors plus destructeurs mais  acteurs de la lutte contre nos bouleversements climatiques. 

De plus en plus d’influenceurs partagent également des articles sur les façons de voyager plus responsablement, mais aussi des vidéos qui amènent à la réflexion. Sans ces outils de communication, nous n’aurions pas la possibilité d’agir si rapidement ensemble et d’établir un mouvement de solidarité mondiale.

Sauveurs ou destructeurs ?

Mais alors où est la différence? Comment pouvons-nous utiliser nos plateformes sociales au quotidien, en voyage, au cours d’une randonnée, ou encore en camping sans influencer de la mauvaise manière et ainsi détruire ce que nous avons de plus cher.

Où se situe notre part de responsabilité et comment utiliser les réseaux sociaux sans avoir un impact négatif sur l’environnement. Devons-nous réfléchir sans cesse avant de publier une photo par peur d’être responsable d’un changement non voulu ?

Et nous influenceurs, sommes-nous responsables de cette popularité néfaste ou créateurs d’un mouvement solidaire contre le réchauffement climatique?

2 réflexions sur “Réseaux sociaux : sauveurs ou destructeurs environnementaux ?

  1. Moi aussi j’ai traversé le Canada l’été dernier et j’ai eu la même réflexion. Lac Louise et Lac Morraine reflètent très bien ton propos. En général les gens n’y vont que pour faire des photos et dire qu’ils y sont allés. Ils ne prennent pas le temps de regarder ce qu’ils ont sous les yeux et oui ça m’a fâchée. J’ai vu des personnes jeter leur bouteille de plastique par terre quand ils avaient une poubelle à côté d’eux. Je n’ai rien dit mais j’aurais dû. Désolant! En route j’ai découvert des lacs et chutes dont personne ne m’avait parlé et je n’ai pas dit où c’était. À vous de faire vos propres découvertes!!

  2. Article très très intéressant et pertinent. Nous quittons dans quelques semaines pour un road trip de 4 mois à travers le Canada et j’ai peur de l’Alberta pour les raisons que tu nommes. J’y vais pour la beauté des paysages, pour que mon fils soit ouvert sur le monde, qu’il vive une expérience incroyable malgré ses 3 ans, j’y vais pour nous créer des souvenirs de famille mais aussi pour visiter ce pays que nous habitons depuis 10 ans et que nous aimons profondément. Je redoute la déception en lien avec les nouvelles problématiques de masse touristique qui ne visite que pour augmenter leur popularité. Il y a toujours du bon et du mauvais avec les réseaux sociaux mais cela fait peur cette dérive, cette volonté de sacrifier la nature, la simplicité des chose pour un malheureux like sur IG…. Merci pour ton texte qui fera naître une belle réflexion aux gens, je l’espère….

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