Je suis « instable » et heureuse

Dans la vie, je suis loin d’être une personne parfaite. Je ne suis jamais stable. Un jour je suis ici et l’autre là. Je passe ma vie à voyager et planifier mes différents projets. Ma famille et mes amis me demandent souvent comment je fais pour vivre et me payer toutes mes aventures autour du monde. Ils s’inquiètent et me questionnent : à quand le travail régulier, le petit copain, la maison, et la famille ? Par le passé, je n’avais jamais de réponse à leur donner. Et c’est vrai que d’un point de vue extérieur cela peut paraitre effrayant. Mais voilà, après des années à vivre au jour le jour, je peux enfin répondre simplement en vous disant :

être « instable » me rend heureuse.

Ne jamais savoir de quoi demain est fait. Ne planifier et suivre que ses envies. Être égoïste et ne penser qu’à soi. J’ai fait de longues études qui m’ont mené vers un travail que je pensais aimer, mais qui au final ne me rendait pas heureuse. Aujourd’hui, j’enchaine les petits boulots en restauration. Je ne garde jamais le même travail plus d’un an. J’ai cette envie de changement, mais surtout cette envie de pouvoir partir quand je le souhaite. Mon année est entièrement planifiée selon mes projets et mes voyages. Je travaille seulement pour accomplir mes envies. Bien sûr, je pourrais voyager moins et économiser plus pour un futur familial ou encore la retraite. Mais ce n’est pas le cas. J’ai 26 ans. Je suis jeune et je vis avec la certitude que demain tout peut s’arrêter. Alors je vis. Je vis pour moi. Je vis pour m’épanouir, pour rencontrer, pour voyager, pour aimer, pour enseigner et partager ma passion.

Aussi, je suis loin d’être la femme idéale. J’ai des défauts, des peurs, et de grosses anxiétés qui m’accompagnent au quotidien. Je dois vivre avec un cœur et des reins qui fonctionnent plus ou moins bien pour le restant de ma vie. Mon passé, mon présent ainsi que mon futur sont tout aussi instables que je le suis. La solitude a toujours fait partie de moi, bien que mon entourage me considère comme la fille la plus sociable au monde. Mais c’est comme ça, mes émotions c’est entre moi et moi seule. C’est ma façon à moi de me protéger. Bien entendu, dit comme ça, ça peut faire peur et éloigner. Je ne suis donc pas parfaite et ne le serait jamais. Mais je veux croire qu’un jour je trouverais celui qui m’acceptera et m’accompagnera à travers le monde.

Je regarde ces couples, je regarde ces amours qui grandissent au cours des différents voyages et je me dis : « un jour ».

Aujourd’hui, je me rends compte que c’est ce rythme de vie qui me donne à chaque jour l’adrénaline dont j’ai besoin pour avancer. Est-ce qu’il en sera ainsi pour le restant de mes jours? Qui sait. Mais peu importe, car depuis peu je me regarde dans le miroir et je me dis que je suis fière d’être qui je suis et du parcours que j’ai accompli. Nous sommes peu de personnes à avoir le courage de s’aimer et s’accepter. C’est dur. Très dur. Surtout quand la société aimerait que l’on suive un autre chemin. Mais mon « instabilité » m’épanouit. Je me trouve plus heureuse que je ne l’aie jamais été. Être en vie c’est prendre des risques, et si aller à l’encontre de l’image/la route que la société voudrait me voir être/prendre, et bien c’est un risque que je prends de tout cœur.

Alors à toutes ces personnes « instables » qui existent dans le monde, j’aimerai vous dire que vous êtes beaux. Que vous êtes forts et formidables! Je voudrais vous dire que vos peurs, vos projets, vos anxiétés vous rendent extraordinaires. N’ayez jamais peur de ne pas connaitre votre futur, car demain est un autre jour. Vivez le moment présent, suivez vos passions. Levez-vous et affrontez le monde tel qu’il est. Faites entendre votre voix.

Votre bonheur est et sera là où vous le désirez.

Ma petite chambre perdu dans les montagnes népalaises.

15 réflexions sur “Je suis « instable » et heureuse

  1. Idem j’aurai pu ecrire ce texte et meme a 34 ans une carrière, un homme, une maison ne m’interesse pas vive les instables qui s’assument vive nous!!!!

  2. Tu sais, si je m’étais arrêtée aux gens, à leurs opinions de vie rangée, je n’aurais jamais rien fait de ce qui me rend heureuse. En 2012, j’avais ce que j’étais supposée vouloir. La grosse job, le gros cash, le chum stable, un utérus prêt à être fécondé, le bel appart, le char, toute. Pis j’ai jamais été aussi insatisfaite, chigneuse, mal dans ma peau, toujours en quête de mieux, de plus, de tout et de rien.

    Au fond de moi, je savais que c’était pas ça ma vie. J’avais pourtant réussi vraiment jeune ce « succès » dont tout le monde parle. Et pourtant.

    Pis là, je me suis écoutée. BAM.

    C’est fou la différence que ça peut faire dans une vie de s’écouter et de vivre pour soi tout en acceptant que les autres autour puissent vouloir différent.

    Encore aujourd’hui, après des années à manger autre chose que des pâtes blanches, les gens me demandent quand je trouverai une vraie job. L’inconnu fait peur…

    On me dit aussi que j’arrêterai quand j’aurai des enfants. Ou qu’un jour mon chum va exiger que je « me case ». Tsé, #lesgens.

    Virevolte, papillonne, écoute ton coeur. Un CV, t’as pas besoin de ça quand tu vis de ta passion, quelle qu’elle soit.

    Sois instable. Sois toi! 🙂 Parce que toi, t’es top! 🙂

    1. Encore une fois je te le dis et redis, tu es quelqu’un de très inspirant Jen. Que ce soit ton parcours ou des choix de vie, je t’admire énormément!
      Merci de toujours me soutenir, de nous soutenir! 🙂

  3. Oui ! Je dis toujours que mon équilibre est dans le mouvement. Les braves gens aiment bien qu’on fasse les mêmes choix qu’eux… J’ai déjà un mari, une maison et un chien, niveau stabilité ça suffit non ? Je mentirais en disant que ces quelques repères ne m’étouffent pas parfois et que contrairement à toute attente, je rêve d’encore plus de mouvement. Vive la plénitude par l’élan et l’inconnu !

  4. Je n’ai jamais vécu cette stabilité et quand ça a envie de devenir un peu plus stable dans ma vie, dans nos vies, on (ou je) trouve de quoi tout foutre par dessus bord et on se lance dans un nouveau truc… Ma stabilité, je la trouve dans le changement, le mouvement, les coups de tête et l’indépendance géographique et professionnelle. Cette stabilité, celle à laquelle plusieurs pourraient s’attendre, donc, je ne la connais pas plus que ça (à part les enfants qui semblent être là pour rester (haha!), mais qui sont tout sauf des êtres fixes et qui m’amènent justement ce besoin de flexibilité que j’aime tant… d’ailleurs, à une certaine époque, je n’en voulais pas d’enfants)…

    Bref, je ne connais pas trop, mais je me rends compte à quel point ça semble être un sujet de remise en question et de questionnements pour plusieurs (pas seulement dans le domaine du voyage, d’ailleurs). D’une part, je me trouve « chanceuse » de ne pas avoir eu à vivre ce type de remise en question. D’autre part, je trouve dommage que certains y soient confrontés (aux commentaires, à la pression, à l’incertitude, etc.) : ça devrait aller de soi, stable, pas stable, fixe, pas fixe, branché pas branché, en mouvement ou immobile, ça devrait simplement aller de soi pour chacun.

    Continue d’être toi, de t’aimer, de vivre tes passions et de foncer comme tu le fais 🙂

    1. Merci Bianca! C’est vrai que l’on est beaucoup trop à se poser des questions quand cela devrait être tout juste naturel.
      À nous d’enseigner à nos enfants la bonne voie pour éviter ce genre de remise en question 🙂

  5. Nous ne sommes pas obligés de rentrer dans les cases correspondantes de la société. Nous savons qu elles sont là. A nous d organiser la vie qui nous correspond et d y trouver notre équilibre. Nous grandissons tous les jours par notre expérience. Alors vivez…..

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