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Revenir pour mieux guérir

Habituellement, quand je pars en voyage je passe pas trois phases. La première : l’excitation. Vous savez ce moment où vous choisissez votre destination et que vous comptez chaque semaine qui vous sépare de votre grand départ. Ensuite vient la phase de l’aventure. C’est la phase où vous partez vivre votre voyage au bout du monde. Vous vous émerveillez devant tout et chaque découverte vous donne l’impression d’être Indiana Jones. Et puis la dernière phase arrive, celle de rentrer. Vous commencez à ressentir le blues du voyageur et à ne pas vouloir revenir. Vous ne pensez qu’à une chose, poursuivre l’expédition.

Trois phases que je vis depuis mes 18 ans. Trois stades que je chéris énormément dans mon cœur et qui me font sentir heureuse et vivante. J’aime leur adrénaline et la sensation de liberté qu’elles me procurent. Elles arrivent et partent toujours de la même façon. Ça en devient une habitude dont je ne me lasse jamais. Néanmoins, cette année la dernière étape ne s’est pas déroulée comme prévu et pour la première fois de ma vie j’ai désiré du plus profond de mon cœur de rentrer chez moi.

Qui aurait pensé qu’un jour, je puisse vouloir tant revenir dans mon foyer alors que je passe la plus grande partie de ma vie à le quitter. Depuis toujours, j’ai considéré le monde entier comme ma maison. Peu importe où je me trouve, je me sens dans mon élément. Bien que j’aime énormément l’appartement que j’ai mis des années à façonner à mon image, je n’ai jamais eu de peine à le laisser.

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Dernièrement, je suis revenu d’un voyage en Asie qui ne s’est pas déroulé comme je l’avais prévu. Cette aventure aura testé toutes mes limites et m’aura mis à l’épreuve mentalement et physiquement. Bien que j’en garde de très bons souvenirs, mon cœur fut déchiré à la suite de mon rapatriement en Europe. Au point, où je me suis enterrée dans une profonde dépression que personne ne comprenait. Après un mois à apprendre mauvaise nouvelle sur mauvaise nouvelle, j’ai voulu faire ce que l’on ne doit pas faire quand on voyage : fuir ses problèmes. Je suis partie parcourir l’Europe en me disant que ça irait mieux et que tout reviendrait dans l’ordre des choses. Mais ce ne fut pas le cas, bien évidemment.

Plus je visitais les villes, les régions, les pays, plus ma dépression augmentait. L’excitation du voyage ne revenait pas. Mon cœur était resté en Asie et rien ne comblait la tristesse de ce voyage inachevé. Je sortais 2 ou 3h me balader et puis je revenais me coucher dans les différentes auberges où je m’arrêtais. Les paysages qui défilaient sous mes yeux ne m’impressionnaient plus, mes rencontres me semblaient vides et sans aucun sens. Au fur et à mesure que j’avançais dans mon itinéraire, l’idée de mon foyer et de m’y retrouver seule émergeait dans un coin de ma tête. Je remarquais que pour la première fois de ma vie, le voyage ne me rendait pas heureuse, mais qu’il creusait un profond mal-être en moi. Tandis que cette minuscule idée de mon appartement, elle, m’apportait un certain réconfort.

Après avoir passé les fêtes de Noël seule à Londres, j’ai décidé de me prendre un billet d’avion et de rentrer chez moi vaincre mes démons. Au moment, où mon pied foula le sol canadien des larmes de joie se sont mises à tomber de mon visage. C’est comme si j’avais retenu ma respiration pendant deux mois et que tout d’un coup je pouvais libérer mon souffle. J’étais heureuse d’être de retour dans cette partie du monde où la société me comprenait et/où je me sentais chez moi. Les retrouvailles avec mon appartement, mes chats, et mon quotidien me faisait du bien. Le bonheur refaisait surface et toutes mes mésaventures ne devenaient que de mauvais souvenirs. Et oui, la Clouzote baroudeuse avide de voyage et de découverte, était contente de retrouver son petit cocon qu’elle n’avait eu aucune peine à quitter. Qui l’aurait cru.

Depuis mon retour, l’inspiration de l’écriture revient petit à petit. Mon envie de voyager quant à elle prend son temps. Ma dépression s’en va à son rythme et c’est un combat quotidien que je vis tous les jours. Toutes ces péripéties m’auront appris à ne plus me faire de grandes attentes concernant mes voyages et de prendre la vie comme elle vient afin de ne plus vivre la même déception et d’éviter toute cette souffrance.

Aujourd’hui, je me sens plus forte et j’envisage mes futures aventures avec un nouveau regard. 

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Une réflexion sur “Revenir pour mieux guérir

  1. J’ai également vécu des phases de dépression (pour d’autres raisons). Ça prends du temps et de la patience pour s’en sortir mais tu vas y arriver !
    Écoutes toi: ton corps, tes émotions, tes besoins, tes envies et surtout prends bien soin de toi !
    Hâte de découvrir tes prochaines aventures 🙂
    Courage,

    Caroline xxx

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