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Mes humeurs, ma routine, et mon retour de voyage

J’aimerai pouvoir vous dire que je vais bien. J’aimerai pouvoir vous dire que revenir à Montréal fut facile. J’aimerai pouvoir affirmer que tout est parfait dans ma vie et que revenir dans ma routine n’était pas si compliqué. Mais ce serait vous mentir. À quoi bon mettre un masque et faire comme si tout allait bien. Pourquoi voudrait-on que je souris bêtement et que je dise : « je t’assure que tout est génial» ? Je n’ai pas envie de faire comme dans les contes de fées et vous raconter la fin que tout le monde veut entendre : « elle vécut heureuse et retrouva sa superbe vie. » Non. Je vais plutôt vous raconter ma réalité.

Avant de partir faire ce merveilleux voyage de 6 semaines dans le pays de mes rêves, soit en Nouvelle-Zélande, ma vie n’allait pas comme sur des roulettes. C’est sûr que vu de l’extérieur, mon entourage trouvait ça pas si mal. Mais pour moi, ce n’était pas la fiesta tous les jours. Mon job m’ennuyait, mon appartement m’ennuyait, ma routine m’ennuyait, mes sorties m’ennuyaient, bref tout m’ennuyait. J’étais lassée et je n’avais aucune conviction en ce que je faisais chaque jour. Et puis est arrivé mon départ. Tout le monde me disait : « ça y est, c’est le jour J! Es-tu excitée? » J’aurai aimé leur dire oui avec panache, mais à cette époque, je ne pensais qu’à une chose m’échapper de cette vie le plus vite possible. Partir loin, prendre mon sac à dos et me déconnecter de tout. Je voulais pouvoir ressentir la vie en moi et l’excitation de vivre pleinement des aventures extraordinaires. Et c’est ce qui est arrivé. Durant ce mois et demi, j’ai vécu le plus beau voyage de ma vie avec de superbes rencontres et des expériences inoubliables. J’y ai dépassé mes limites en vivant des aventures incroyables au cœur de paysages à couper le souffle. À ce moment, peu m’importait où j’allais, ce que je faisais, et ce à quoi je ressemblais. Tout ceci était insignifiant pour moi puisque je vivais quelque chose d’intense et qui me faisait sentir vivante. C’était comme si rien ne pouvait m’arrêter. Je prenais petit à petit ce rythme de backpacker, qui à la fin de ce voyage était totalement imprégné en moi. Alors après avoir vécu de si beaux moments, comment était-il possible de revenir à cette routine que j’avais fui ?

C’est sûr qu’au début, j’étais contente de revenir. Retrouver mon entourage qui m’avait manqué et retourner dans mon « chez-moi ». Mais aussi reprendre un rythme de vie confortable avec un bon lit douillet et pouvoir enfin mieux manger. Mais une fois ce cap passé, il faut retourner travailler et c’est à partir de ce moment-là que tout redevient comme avant. Petit à petit on reprend ses habitudes. On se remaquille pour faire bonne impression auprès des clients. On s’habille bien. On remet en place son planning de la semaine sans même s’en rendre compte. Et puis après une semaine, deux semaines, le moral redescend. On fait le tri de ses photos et vidéos de voyage. On se remémore les sensations éprouvées lors de tel ou tel moment. On se rappelle ce que c’était de vivre comme une nomade et de ne dépendre d’aucune société de consommation.

J’essaye de faire comme si tout allait bien. De me dire que ce n’est peut-être que passager. Je tente de canaliser mon énergie sur mes projets, mais même mes projets me rappellent ce que c’est que de voyager et de découvrir le monde. Certains appellent ça le « blues du voyageur », d’autres l’appellent tout simplement le « retour difficile », moi j’appelle ça : « salut, je suis ta vie et je reviens te montrer la réalité dans laquelle tu te trouves ». Peu importe comment on appelle ce que je vis, j’aimerai connaitre le remède qui m’aiderait à « faire passer la pilule plus vite », comme dirait ma mère. Je voudrais pouvoir me réveiller un matin et me dire : « Yay, une autre superbe journée qui commence! » Au lieu de regarder tout ce qu’il y a dans mon appartement et de me dire : « à quoi bon ? Vends tout et va-t’en faire le tour du monde. Fuck la routine et fuck la société! » Pardon, je suis vulgaire. Mais malheureusement, la vie n’est pas aussi facile qu’un simple « fuck ». Alors j’essaye à ma manière de me guérir de ce blues. Je me fixe des objectifs de vie pour l’été qui arrive. Je prends le plus d’heures possible à mon travail pour ne pas rester chez moi et regarder mon mur de voyage durant toute la journée. Je sors et je m’occupe. J’essaye de stopper mes envies de rébellions envers notre société et je travaille fort pour transmettre ma passion de voyageuse à travers mes vidéos et mes photos. Je tente de partager un message, et qui sait, peut-être qu’un jour je changerai le monde. Peut-être qu’un jour, j’aurais la solution au blues du voyageur. Mais pour le moment, je vis ma vie comme elle vient et je fais de nouveaux projets de voyage.

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3 réflexions sur “Mes humeurs, ma routine, et mon retour de voyage

  1. Le courage n’est pas de partir, de fuir la routine et voyager mais de rester où l’on se sent bien. Le blues du voyageur n’apparait que pour celles et ceux qui voudraient vivre une autre vie que la leur, celle de la découverte perpétuelle où les cinq sens sont en éveils à chaque instant. La vie est une succession de choix. Entre sécurité et aventure, il faut savoir bien se placer pour être heureux, et sauf croyance en la réincarnation, nous n’avons qu’une courte vie pour aller jusqu’au bouts de nos rêves. Pensez grand, pensez beau, pensez avant tout a être heureuse. Quittez votre train train quotidien et advienne que pourra, au moins vous vous sentirez vivante.

    1. Tout à fait d’accord! C’est l’idée que je m’en fais, bien que je ne sois pas encore rentré de voyage pour ma part. Comme je le dis souvent, il faut oser. Que ce soit pour partir, ou dans ce cas, changer de vie, ou rester, il faut oser, pour, comme le dis très joliment Bruno, être heureux.
      J’étais tombé sur un article sur un retour difficile et j’ai écris un article en me basant dessus.
      Un article d’une certaine Lucie qui conclue en disant : «Pour vivre heureux, il faut lâcher prise et cesser de vouloir tout contrôler. Aujourd’hui, j’ai vraiment hâte de vivre ».
      Un article que je vous invite à lire en cliquant ici : http://unvoyagesansnom.com/oser-partir-voyager

      Félicitation pour cet article, et bonne route alors! 🙂

      Simon, du blog voyage, Un Voyage Sans Nom

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